On the road (5): Preston, Nebraska

25 mai 2011

Jack Kerouac, Sur la route, p.148

Nous revoilà devant l’inscription Preston, sur le château d’eau. Le train de Rock Island est passé comme un boulet de canon. On a aperçu le visage des passagers du Pullman, tout flous. Le train hurlait en traversant les plaines, il roulait vers nos désir. La pluie redoublait. Mais j’étais sûr que j’y arriverais.

Photo: Robert Frank, U.S 285, New Mexico

On the road (4): Des Moines, Iowa

23 mai 2011

Jack Kerouac, Sur la route, p.142

Cet après-midi-là, à Des Moines, partout où je regardais, j’ai vu des hordes de jeunes beautés, qui rentraient du lycée; mais j’avais autre chose à penser, et je me promettais de me rattraper à Denver.

Image: Des Moines vu par Luc Moullet, photogramme tiré du Ventre de l’Amérique

On the road (3): New York

23 mai 2011

Jack Kerouac, Sur la route, p.127

J’ai rencontré Neal pas très longtemps après la mort de mon père… Je venais de me remettre d’une grave maladie que je ne raconterai pas dans le détail, sauf à dire qu’elle était liée à la mort de mon père, justement, et à ce sentiment affreux que tout était mort.

(Le rouleau original, Gallimard, 2010, traduction José Kamoun)
Photo : Harlem, par Camilo Vergara

Le dimanche 23 août 1942

8 mai 2011

Vassili Grossman, Iasnaïa Poliana


Iasnaïa Poliana. Quatre-vingt trois Allemands étaient là, gisant à côté de Tolstoï. On les a déterrés et enterrés dans les trous à bombes à effet de mine larguées par les Allemands.

Les fleurs devant la maison foisonnent, c’est un bel été.

Voilà donc, apparemment, la vie, pleine de douceur et de calme. La tombe de Tolstoï, avec des fleurs encore, des abeilles qui butinent sur les fleurs et, à l’aplomb de la tombe, de petites guêpes immobiles en suspension. Tandis qu’à Iasnaïa Poliana le grand verger a gelé. Tout est mort: les pommiers desséchés se dressent tout gris, moroses, sans vie, comme des croix sur des tombes.

Une grand-route bleutée comme de la cendre. Dans les villages règnent les femmes. Sur le tracteur, au conseil du village, dans les granges du kolkhoze, à l’écurie, dans la queue pour la vodka. Des filles éméchées s’avancent avec un accordéon en chantant, elles font leurs adieux à une compagne qui part pour l’armée. Une charge énorme de travail s’est abattue sur la femme… La femme occupe la place décisive. Elle a pris sur elle un énorme labeur, et le front reçoit du pain, des avions, des armes, des munitions. Ce sont elles, désormais qui nous nourrissent, elles qui nous fournissent les armes. Quant à nous, les hommes, nous accomplissons la seconde moitié de la tâche, nous combattons. Et nous combattons mal. Nous avons reculé jusqu’à la Volga. Les femmes ne disent rien, mais elles n’ont aucune rancœur, elles n’ont pas en elles de mots durs. A moins qu’elles ne les retiennent. A moins qu’elles ne comprennent combien terrible est le fardeau de la guerre, même d’une guerre malheureuse.

Mihail Sebastian, Bucarest

La semaine qui s’achève aujourd’hui nous a apporté trois mesures antisémites: le prix du pain, la confiscation des vélos et, avant-hier, l’interdiction d’avoir des domestiques à partir du 1er octobre. Le plus inquiétant, c’est qu’est instituée une sorte de loi des séries qui implique automatiquement de nouvelles persécutions. On se demande ce qui va suivre.

J’essaierai de partir demain soir pour Strehaia. Je crois que cela devient enfin possible (après des démarches et des obstacles innombrables).


On the road (2): trouble comes knocking

7 mai 2011

On the road (1)

7 mai 2011

Timber Timbre, Trouble comes knocking

I want your money
But your money ain’t right
So I’m packing it in
I stay at home every night

And the place had cleared out
Bad luck had fallen
And no one came knocking
No one came calling

But when things got real bad
Oh, people got scared
Well I got worried
So we took what we could get

And all you fair weather watchers
Watch out and beware
When your trouble comes knocking
I hope you ain’t there

With a sword in a bag in my trunk
I keep my eyes and my mind on the road
Cuz it’s a hard hearted hearing
Every handshake grinning toll
When your grave disaster falls

Out of the purple woods
From a season in hell
Off the human dawn
There was nothing left
But you pulled me out
From beneath the wheel
With a cry in the name
We began to heal

And then things got real bad
Oh people got scared
Well I got worried
But we took what we could get

And all you fair weather watchers
Watch out and beware
When your trouble comes knocking
I hope you ain’t there

With a sword in a bag in my trunk
I keep my eyes and my mind on the road
Cuz it’s a hard hearted hearing
Every handshake grinning toll
When your grave disaster falls

(Timber Timbre, Full Time Hobby, 2010)

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