Dans le terroir de Luc Moullet (1/4)

Aujourd’hui je laisse le volant à Arnau Thée. Début d’une série pleine de lacets, de cailloux, d’épaves et autres panneaux sur les traces d’un cinéaste exceptionnel à plus d’un titre.

L’aventure de la D 17 (1/2)

1 – Tout va bien

La départementale 17, dans les Alpes de Haute Provence (04) surplombe la vallée de l’Asse et débute entre Mézel et Estoublon. En venant de cette dernière localité, il faut prendre sur sa droite après 6 km. Si vous avez raté l’embranchement et poussé jusqu’à Mézel : faites demi-tour et prenez  la première sur votre gauche.

moulletOn entre alors dans les terres de Luc Moullet, qui, tout en étant un homme de cinéma français ayant fait de cette rude contrée son terroir, se définit comme un cinéaste anglais d’origine arabe dont la véritable profession serait le trekking. Ce n’est pas la moindre de ses fantaisies, mais pas la seule.

Comme la route 66 aux Etats-Unis, la D 17 est devenue mythique. Cette renommée mondiale est due à son film Les Naufragés de la D 17 (2001), pour lequel, « la gageure était de faire tenir l’action dans un périmètre de 900 kilomètres carrés. »

d17

Et quelle action ! À son propos, il est bien difficile d’être exhaustif : un trio amoureux entre un astrophysicien, son équipière et un berger ; une équipe de cinéma en tournage qui doit faire face à de sévères conflits sociaux ; un champion de rallye dont la voiture est désespérément embourbée ; des militaires paranoïaques à la recherche de Saddam Hussein…

Équipé d’une voiture en bon état de marque ford (à noter que le cinéaste, John, avait Monument Valley pour terroir) et de type fiesta, bien que la batterie puisse s’avérer capricieuse, nous nous sommes lancés à l’assaut de cette D 17 qui mène à Majastres, avant de s’éteindre pour se muer en un vulgaire chemin caillouteux.

majastresCette route départementale est parfaitement cohérente et rationnelle, son chiffre correspond exactement au nombre de kilomètres nécessaires pour atteindre son but.

P1010431Alors que l’on distingue nettement dans le film de Luc Moullet une chaussée laissant à désirer, l’asphalte est ici d’excellente qualité, un véritable tapis de billard quasiment immaculé. Ceci est certainement lié aux nombreuses retombées économiques des Naufragés de la D 17.


P1010424Des indications précises et une voierie en bon état ; voilà qui est heureux car le parcours est très sinueux et accidenté, certains passages se révèlent particulièrement éprouvants pour le conducteur qui doit revêtir les habits de pilote chevronné, à l’image du personnage campé par Patrick Bouchitey dans ledit film.

Arnau Thée

(prochain épisode : Le doute et l’espoir 2/2 )

Les citations sont issues du livre-entretien de Luc Moullet avec Emmanuel Burdeau et Jean Narboni, Notre alpin quotidien, Capricci/Centre Pompidou, 2009.

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