Dans le terroir de Luc Moullet (3/4)

L’aventure de Majastres (1/2)

1 – Le début et la fin

Majastres, 10 habitants, forme un vaste bloc intercommunal qui comptait 1000 habitants sous Napoléon, contre 100 de nos jours sous Nicolas Sarkozy.

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Au terme de la rude montée, on accueille le panneau de signalisation avec joie. Si la mention « bienvenue » n’apparait pas, elle est fortement ressentie grâce à une entrée de village particulièrement avenante, bien éloignée de l’uniformité des périphéries françaises.

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P1010409L’absence de mention des curiosités locales (comme : « Majastres : son église, son lavoir, ses parkings gardés, ses 3 épis au label des cités fleuries… ») entretient un mystère tout à fait excitant. Le visiteur est invité à une entreprise d’appropriation du lieu, à y trouver son propre cheminement. Et celui-ci peut très bien être intérieur, pour ne pas dire spirituel. Ainsi l’expression « vous êtes projet » place-t-elle d’abord dans l’expectative, sentiment vite remplacé par de stimulantes interrogations sur le sens à y donner.

P1010420La vastitude du bloc de Majastres  est particulièrement perceptible à la sortie de la localité : pas de panneau de signalisation pour en signifier le terme, le bitume s’arrête brusquement pour laisser place à une chaussée caillouteuse semblant ouvrir vers un monde à la fois finissant et infini. Une voie non carrossable qu’il est pourtant nécessaire d’emprunter pour qui veut rejoindre la gare de Majastres-Le Poil. Dans le préambule des Naufragés de la D 17, Luc Moullet  ne manque pas de faire remarquer qu’il s’agit de « la seule gare de France avec une faute d’orthographe » puisqu’avant le trait d’union, le « s » final manque.

P1010389Dans Majastres, on est hésitant, quelque peu bousculé. Serait-on en présence du cimetière de la modernité, une sorte de vanité grinçante de la civilisation des trente glorieuses ?

P1010387Marcheur, cycliste, féroce pourfendeur de l’automobile ; la pensée de Luc Moullet a-elle infusé à ce point les habitants du village, qui, à la vision de la fin apocalyptique des Naufragés de la D 17, auraient abandonné l’usage de la voiture, en les délaissant avec négligence sur le bord de la voirie ? Tout laisse à penser que c’est le cas, même s’il fut impossible de recueillir le moindre témoignage à ce sujet.

Il serait aisé de se laisser aller à un sentiment de décrépitude, mais Majastres fait bien figure de cité avant-gardiste à l’heure du péril écologique. On est ici non dans un passé révolu, mais les deux pieds joints sur le seuil d’un avenir radieux.

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Arnau Thée

(à suivre : l’Histoire en marche)

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