Conte d’été

Eric Rohmer filme les amours compliquées de Gaspard et Margot sur la plage de Dinard. Où j’ai découvert, un soir de juin 1996, ce que pouvait être le cinéma. Ce qu’il était avant, je ne sais plus.

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8 Responses to Conte d’été

  1. Ce « Conte d’été », je l’ai souvent confondu avec « Pauline à la plage ». Dans ma mémoire, les deux
    se superposent et les acteurs se remplacent. Un seul film, un autre film, qui mange les deux.

  2. jdk dit :

    Éric Rohmer est le seul cinéaste dont j’ai vu tous les films. L’un des plus beaux assurément, l’un des plus implacables, c’est « La Femme de l’aviateur », qui condense tous les genres narratifs, et propose une relecture absolument jouissive de « Blow-up » aux Buttes-Chaumont…

    Il y a quelque chose de tout simple pour ne pas confondre « Pauline à la plage » et « Conte d’été », c’est que « Pauline à la plage » se passe à Jullouville à côté de Granville et c’est typiquement une plage de Basse-Normandie, et « Conte d’été » se passe en Bretagne : rochers, îlots, beaucoup de bleu et beaucoup de noir, pas la même plage, partant pas la même économie narrative, partant pas le même film…

  3. jdk dit :

    … On peut sans doute mesurer l’importance d’un cinéaste à son universalité ou, comment dire, à son universabilité, sa capacité à être regardé, compris et apprécié dans un monde où il n’est pas : Éric Rohmer fait partie des cinéastes qui ont le plus de succès en Chine. Ce n’est pas le lieu de revenir ici sur ces magasins qu’on trouve à tous les coins de rue et qui vendent publiquement des centaines et des milliers de faux DVD, mais dans ces magasins en tout cas, dans toutes les villes de Chine, il y a toujours eu et il y a toujours des films d’Éric Rohmer.

    Nous parlions dans la conversation précédente des traductions au Japon et en Chine de la littérature française contemporaine, et je disais que Volodine, par exemple, n’est pas traduit en chinois (de Sebald, il y a au moins « Austerlitz », je vérifierai le reste à l’occasion), eh bien le succès de Rohmer est tel qu’on a publié et qu’on trouve dans toutes les bonnes librairies un volume qui recueille les Contes des quatre saisons, et « La Maison d’Élizabeth »…

  4. jdk dit :

    … Et puisque nous étions dans les voix (car si nous avons tous réécouté l’émission sur Claude Simon c’était parfois pour découvrir Claude Simon mais aussi parfois pour avoir le plaisir tout simple de réentendre une VOIX…), je donne ici un lien vers France Culture, qui propose en écoute et en téléchargement une master class de Rohmer à la Femis enregistrée le 17 mars 2009 :

    http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture/nouveau_prog/connaissance/alacarte_fiche.php?src_id=150000038&diff_id=250000185&pg=1

  5. Avec cette disparition de l’homme Maurice Scherer à 89 ans _ l’oeuvre réalisée, ample et généreuse en son classicisme, d’Eric Rohmer demeurant, elle ! _, s’éloigne de nous une haute conception de l’Art ; loin des petites obsessions de la communication et de la carrière qui prolifèrent ces derniers temps-ci…

    Liberté, grâce, vérité du geste et du rythme, des visages, des mots, des silences, des allures de vraies personnes ; de la beauté des temps et des lieux aussi… Chaque opus était le don d’une surprise toute de gravité dans sa légèreté dansée.

    Son dernier cadeau fut « Les Amours d’Astrée et de Céladon », d’après l’oeuvre d’Urfé qui fit rêver et La Fontaine (avec Collasse : tout un opéra !) et François Couperin… Et qui innerva Marivaux.

    Rohmer est notre Antonioni _ en un peu plus solaire…

    Les films d’Eric Rohmer attendent maintenant toute notre attention…

    Titus Curiosus

  6. Sebastien Chevalier dit :

    Ce qui m’amuse aussi, avec Rohmer, c’est qu’il est très difficile de le défendre face à des critiques imperméables à son cinéma (et j’en ai côtoyé un bon nombre, et de vrais cinéphiles, et des gens très estimables). Que de gentilles railleries j’ai dû subir de la part des amis qui m’avaient accompagné à la projection de ce Conte d’été inaugural, qui semblait pourtant nous être destiné (nous avions vingt ans). Tous les arguments semblent être de leur côté, on ne sait pas trop quoi leur dire, on se dit que vraiment, on est soit trop intello, soit trop simplet, soit les deux, et puis finalement on ne cherche même pas à avoir raison, et la douceur même de son cinéma empêche que l’on s’énerve le moins du monde.

  7. Sebastien Chevalier dit :

    Hier soir, juste après avoir écrit ce petit mot, j’ai lu ceci (enfin on m’a lu ceci):
    « entre eux flottait déjà cette subtile et vague tendresse qui nait si vite entre deux jeunes gens, lorsque le garçon n’est pas laid et que la fille est jolie. Ils se sentaient heureux, l’un près de l’autre, peut-être parce qu’ils pensaient l’un à l’autre. »
    Maupassant, Une vie.

  8. jdk dit :

    Cher Sébastien, j’avais 19 ans quand je suis allé voir moi aussi ce « Conte d’été » inaugural, et lorsque j’en ai parlé ensuite, à des amis, à des gens très estimables, tous les arguments semblaient être de leur côté, je ne savais trop quoi leur répondre à part que c’était beau, que c’était juste, que c’était ça, et les sourires, et les gentilles railleries, mais enfin, mais ce n’est pas possible : mais si justement, mais si.

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