Vila-Matas, du temps et des lieux

Journal de lecture

Enrique Vila-Matas, Dublinesca

Aujourd’hui il pleut un peu moins qu’hier et Barcelone est davantage visible de la grande baie. Riba pense à lui: quand on approche de la soixantaine, quel que soit l’endroit que l’on regarde, on y est déjà allé.

Puis il se corrige et pense approximativement le contraire: rien ne nous dit où nous sommes et chaque moment est un lieu où nous ne sommes jamais allés.

(p.66, Christian Bourgois, traduction André Gabastou)

L’éditeur Riba cherche son centre du monde. New York? Barcelone? l’écran de son ordinateur? un rêve d’enfance?

Parmi les auteurs à son catalogue je relève la présence de :

Paul Auster

Martin Amis

Pierre Michon

Jean Echenoz

Georges Perec

Robert Walser

W. G. Sebald

James Joyce.

Dublin?

Photographies: port de Barcelone, par Arnau Thée.
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6 Responses to Vila-Matas, du temps et des lieux

  1. nrd dit :

    « Il pleut sur Mantoue. »

    Le Roi du bois

  2. Je suis en train de lire « Journal volubile » d’Enrique Vila-Matas ; et il me semble y contempler une caricature de discours « à sauts et à gambades », rien que par fétichisme littéraire ! A en avoir le tournis…

    Comme un avertissement de ce qu’il faut éviter _ parmi les références d’une personne un peu cultivée et qui a un peu voyagé _ pour penser juste…

    Titus Curiosus

  3. Sebastien Chevalier dit :

    Journal de lecture (suite)

    « Se laissant porter par les rimes filées par la pluie dans la rue inconnue du tableau et pensant à la pluvieuse installation que prépare son amie Dominique à la Tate, il écrit mentalement des phrases et se demande dans l’une d’elles comment sera Londres quand les personnes qu’il aime seront comme lui mortes. Ce seront des jours – il en est sûr et certain – où tous ses défunts se seront transformés en pure humidité et parleront depuis leurs solitudes lointaines et sauvages, ils parleront comme le fait la pluie en Afrique et ils ne se souviendront plus de rien, tout sera oublié. Même la pluie sous laquelle, un jour, tous les morts étaient tombés amoureux sera effacée. Et se sera aussi perdu le souvenir de la lune sous laquelle ils marchèrent, un jour, vivants comme des âmes en peine sur une route, elle aussi, oubliée. »
    (p.170-171)
    Le tableau dont il est question: The British Museum, par Hammershoi.

  4. jdk dit :

    Cher Sébastien, je me trouve incapable de lire plus avant « Savoir-vivre » d’Hédi Kaddour ; et pourtant il est très rare, et même exceptionnel que je n’aille pas au bout d’un roman, que je l’abandonne définitivement en me disant que c’est fichu, que quoi qu’il arrive je n’y arriverai pas : le chapitre des répétitions, avec le montage parallèle du lied et des impressions amoureuses, m’a effaré. Mais aussi tout me met mal à l’aise dans ce livre, l’usage du passé composé, l’utilisation des pronoms personnels, le ton, l’ambiance : ça me rendrait presque malade. Il faut dire que je n’avais pas beaucoup aimé non plus « Waltenberg ». Et je ne lirai donc pas « Les Pierres qui tombent ». Mais je me suis laissé dire — ou j’ai lu chez vous — que quelque part dans ces notes Kaddour parle d’Alain Fleischer, pour le moquer. Auriez-vous la gentillesse de me résumer son propos en deux mots ?

  5. Sebastien Chevalier dit :

    Bonjour (en Chine?) jdk. Désolé que les romans de Kaddour vous laissent froid, ou vous mettent mal à l’aise. j’ai la plus grande admiration pour Waltenberg, dont j’ai un souvenir de lecture très heureuse, jouissive; l’impression d’avoir un texte parfait, en équilibre constant entre le ludique, le référentiel, le roman total et la mise à distance du roman total, bref, je ne vais pas me lancer ici (je signale comme je l’avais déjà fait dans un commentaire, à ceux que le roman a comblé autant que moi, qu’il y a une série de courts essais qui a paru sous le titre « Études sur Waltenberg », et que ce sont de très bonnes entrées dans ce gros roman).
    Pour ce qui est des « Pierres qui roulent », et malgré vos expériences malheureuses, je vous le conseille quand même, si vous aimez le genre du journal. Et d’abord pour les « notes » (que les « croquis » viennent avantageusement aérer et auxquelles ils fournissent un vrai contrepoint). Ce sont souvent de belles explications de texte, au sens le plus noble du terme. Je vous renvoie à un commentaire enthousiaste (sous un petit article Conte d’été (2)) et à mon article sur Savoir Vivre / les Pierres qui montent (et Gosford Park) (regardez dans les archives Hédi Kaddour si ça vous intéresse, j’ai écrit plusieurs billets dessus en janvier). Je ne vais pas me répéter.
    Bien sûr il y a des piques, comme dans tout journal d’écrivain; pas trop mal lancées à mon goût. Elles concernent surtout l’actualité littéraire, ce qu’il appellerait le « tout-venant », la « mauvaise littérature » qui « chasse la bonne », ou encore, « l’acrylique » prise trop souvent « pour du cachemire ». Ce n’est pas de moi que vous tenez les propos sur Fleischer en tout cas. Dans mon souvenir (pas le livre sous la main) c’est expéditif: citation / exécution. On pourra parfois trouver ça injuste, évidemment (pas d’accord avec lui sur les Années d’Ernaud pour ma part, même s’il la discute dans le détail).
    Rebref (mais je ne suis plus très bref) je crois qu’on peut lire « les Pierres qui montent » sans pour autant aimer le roman.

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