Enigme: qu’as-tu donc dans… (6) (pour les vacances)?

A quelques heures du départ la pile des possibles est encore grosse, et il va falloir élaguer pour que tout tienne à côté des autres choses inutiles. Adieu les trop beaux ou trop lourds ouvrages, ou trop longs; adieu Naissance et renaissance du paysage de Michel Baridon, les tragédies de Shakespeare en Pléiade (dans quel état auraient-ils fini ?), adieu le Proust de Painter. Au revoir.

(Il existe aujourd’hui des appareils pratiques et légers qui me permettraient sans doute d’échapper au dilemme du début de l’été. Observez:

Mais:

Peut-on télécharger les textes dont je parle?

Ai-je vraiment envie d’échapper à mon dilemme? (qu’il est bon d’élire et d’écarter))

Une place est d’ores et déjà prise par celui-ci

Je lis les premières lignes de ceux qui restent. N’est-il pas plus juste de les considérer à l’aveugle ?

« J’ai fait une fois dans ma vie, jusqu’à présent, l’expérience de la métamorphose. Auparavant, elle n’était pour moi qu’un simple mot, et lorsqu’elle commença, non pas doucement, mais d’un seul coup, je la pris d’abord pour ma fin. »

« Edwin Abraham Mulhouse, dont la mort tragique, le 1er août 1954 à 1h06 du matin, a privé l’Amérique du plus doué de ses écrivains, était né le 1er août 1943 à 1h06 du matin dans la sombre ville de Newfield, Connecticut. »

« Il n’est que de vomir l’âme et de la rendre une fois pour toutes ; le reste suit, sans l’ombre d’un doute, serait-ce au cœur du chaos. Dès le commencement, je n’ai connu que le chaos : un fluide dont j’étais enveloppé, que j’inhalais par les branchies. »

« Two mountains chains traverse the republic roughly from north to south, forming between them a number of valleys and plateaux. Overlooking one of these valleys, which is dominated by two volcanoes, lies, six thousand feet above sea-level, the town of Quauhnahuac. »

« Mon cher Mario
Voici désormais deux ans que je t’ai fait parvenir ce fameux compte-rendu. Tu m’avais transmis la demande de notre archevêque qui voulait – je présume – mettre de l’ordre dans les archives diocésaines et faire inscrire au fichier, pour le profit éventuel de futurs chercheurs, un témoignage sérieux sur cette vieille mission. »

« Le cinéma a dû commencer après la guerre, sans doute pour nous donner de la vie une image par laquelle s’effacerait le montage chaotique, à vrai dire parfaitement burlesque, des événements extraordinaires au milieu desquels nous avions fait nos premiers pas, comme autant de dés jetés sur une roulette dont le mouvement ne s’arrêterait jamais : les voyages interminables, l’odeur je ne sais pourquoi rance et poivrée des uniformes gris de l’occupant, la cave et sa malle d’osier, les sirènes des bombardements, la fin des alertes dont je sentais qu’elle terminait toujours trop tôt nos rôles de héros, comme si le grand principe de déception s’installait déjà par l’abréviation d’un tableau d’apocalypse dans lequel, sûrement, une place nous était aménagée à côté des anges sonnant la trompette, des séraphins, alliés de l’archange précipitant de son épée de feu les réprouvés dans un abîme de flammes. »

« Le pépiement matinal des oiseaux semblait insipide à Françoise. »

« Ceci est l’histoire d’Ella Bend Hess, de la façon dont elle est devenue extralucide, et de ce qu’elle a pu voir.»

Mystère. On verra.

J’aurais aussi cette série d’essais de William H. Gass, qu’internet rend aujourd’hui disponible au moindre coût.

Du même auteur, à mes yeux le plus grand écrivain vivant, je viens de terminer Le Tunnel. Si je n’avais qu’un conseil à donner, ce serait celui-là. J’en laisse quelques aperçus dans un billet à venir.  L’hiver de Gass vaut bien l’été.

Pause. Bonnes vacances.

Image de l’en-tête: Martin Parr, Humanity is not pretty (1994)
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2 Responses to Enigme: qu’as-tu donc dans… (6) (pour les vacances)?

  1. Zolurne dit :

    Héhé… Il m’est arrivé de prendre plus de livres que de vêtements.
    Quant aux Pléiades, au diable leur état ! Ils sont faits pour être lus, ce ne sont pas des musées.
    Tous ces débuts sont fort alléchants. Je vote pour le 2, le 3 et le 8.

  2. Sebastien Chevalier dit :

    Choix très cohérent Zolurne, ce sont les trois Américains du lot:

    Extrait 2: Steven Millhauser,La Vie trop brève d’Edwin Mullhouse, écrivain américain, 1943-1954, racontée par Jeffrey Cartwright, traduction Didier Coste
    Extrait 3: Henry Miller, Tropique du Capricorne, traduction Georges Belmont
    Extrait 8: William H. Gass, Sonate cartésienne (nouvelle qui donne son titre au recueil), traduction Marc Chénetier

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