Le matin

Une ville en Allemagne, le 2 août 1914.

John Hawkes, Le cannibale

Le matin, avec ses vapeurs qui s’étalaient, les voix qui se chamaillaient par-dessus les clôtures, les brosses et les torchons qui s’attaquaient au mobilier, les filles ébouriffées qui grattaient les planchers à genoux en chuchotant, la maison qui s’emplissait de garçons et d’énormes paniers de fruits, le matin attirait, semblait-il, hors de la ville des foules de gens, éveillés par les cris et l’attention. C’était le moment de s’asseoir au soleil avec de doux cheveux tombant jusqu’à la taille, à somnoler et à s’éveiller, dodelinant de la tête et respirant l’air embaumé, de rassembler des pensées pour les années à venir, ou passées, comme une vieille femme en fichu noir devant sa porte.

(1949, Le Seuil, traduit par François-René Daillie, p.84)
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