Le commerce de l’eau (3)

7 mars 2011

Herman Melville, Moby Dick

– Et bien, ton rapport? me demanda le capitaine Peleg lorsque je fus revenu. Qu’as-tu vu?

– Pas grand chose, répondis-je, rien que de l’eau, mais l’horizon est immense; et il me semble qu’un grain se prépare.

– Alors, désires-tu toujours voir le monde? Veux-tu doubler le cap Horn pour en voir davantage? Ne peux-tu voir le monde où tu es?

(Gallimard, Pléiade, traduction Philippe Jaworsky, p.96)
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Le commerce de l’eau (1)

3 mars 2011

La pluie qui tombe est douce
Et nous faisons l’amour
Certains plus loin se livrent
Au commerce de l’eau
Comme ils flairent une faillite,
Ils prennent des airs salauds
Et ils monnaient la pluie
Et nous faisons l’amour.

Des barques filent tout près,
On en voit écoper
Renvoyant l’eau à l’eau,
La pluie semblait pourtant
Inoffensive et douce,
Discrète comme l’instant
Qui se laisse suspendre
Et nous fait nous aimer.

Et la pluie se monnaie
Dans les maisons de thé
Où des colons déçus
Evoquent de vieux étés
Où on ne parlait pas
Du commerce de l’eau
De cette eau écopée
Sur de petits bateaux.

Nous, insouciants de tout
Et le monde à portée
Nous ne connaissons rien d’autre
Que nous aimer
Des transactions se font
Jusque sur notre dos
Et nous n’en tirons rien
Que le goût de la peau.

La pluie qui tombe est dure
Pour ceux qui doivent ramer
Et qui plus tard pour boire
Devront encore payer
Mais comme elle se dépose,
Comme la soie, le velours,
Sur les dos bienveillants
De ceux qui font l’amour.